On a testé: Confinement/ être sans-abris

(D'après le conte d'Andersen...)

Il faisait froid; parfois sombre en ces jours de mars 2020.

Sous les rafales, elle était là sur le sol gelé. Elle connaissait les moments où les passants passaient sans la voir. Dans les rues, aujourd'hui désertes, elle mesurait encore plus la solitude. Tremblante de froid et de faim, elle se mettait dans des endroits où elle n'était pas chassée par les pics "anti-sdf".

Hier, elle échappait à une amende pour n'avoir pas respecté le confinement...

Elle regarda ses chaussures aux semelles béantes. Dans sa tenue fine comme du papier, elle portait des allumettes.

Elle pris une allumette dans ses mains transies. Lorsqu'elle alluma elle vit une maison. Des personnes, conduites à rester chez elles (pour s'en sortir sans sortir), râlaient. Pourtant, il y avait tout ce qu'il fallait: du pq, 34 kilos de pâtes... beaucoup d'amour pour tous les jours.

Elle frotta une seconde allumette. Elle vit une table d'un petit déjeuner. Il y avait beaucoup de pain. Un monsieur expliquait à sa femme comment il s'était battu pour avoir du Nutella en promo dans un super marché: "Je n'ai pas hésité à lui en coller une!"

Elle frotta une troisième allumette et une quatrième... qui ne s'allumèrent pas à cause de l'humidité.

Elle garda longtemps la dernière allumette. Quand elle la frotta, elle vit un groupe d'hommes et de femmes . Elle reçut du pain, un repas chaud.... des mots d'encouragement.

Ce n'est pas ce soir qu'elle mourra. Ce soir, elle n'est pas seule.



*** Merci à mes amis de Sas qui œuvrent pour les sans-abris. Merci à ceux qui donnent du savon, de l'alimentaire à la ressourcerie pour les aider


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